Manager général de la société de CarSharing Cambio Bruxelles, Frédéric Van Malleghem fait partie du grand nombre de joueurs amené au rugby par le légendaire Claude Catteau, à l’époque professeur de gym au Collègue Saint-Vincent de Soignies. C’est comme cela que notre homme a fait connaissance avec le ballon ovale, en compagnie d’un copain.
"J’ai d’abord joué de mes 12 à mes 17 ans", précise Frédéric. "Je me souviens avoir fait un match en équipe 2, j’avais 16 ans et demi. A l’époque c’était encore possible. C’était contre les copains de Frameries. Copains car on jouait alors souvent en entente avec Frameries. C’est pour cela que cette rivalité Soignies-Frameries est parfois bizarre pour ceux de ma génération, parce qu’on jouait avec eux chaque semaine".
Parti ensuite à l’étranger, Frédéric Van Malleghem a complètement coupé avec le rugby. Pour mieux y revenir. "J’ai eu une carrière internationale de haut niveau dans un club qui s’appelait le BROC, vers 2003 et 2004", sourit-il en souvenir du Braine Olympique Rugby Club à Braine-le-Comte. "Il s’agissait des tout débuts du club avec Alain Moucheron et son papa Marc notamment. Et franchement, c’est exactement ce qu’il me fallait à ce moment-là. Le rugby copains, le rugby de village".
Dans un club parti de presque rien, où seuls quelques joueurs disposaient déjà d’un peu d’expérience, Frédéric Van Malleghem appréciera surtout l’aventure humaine. "Franchement, il ne faut pas critiquer ces clubs émergents, c’est extraordinaire la passion, le plaisir d’apprendre ensemble, la rencontre des autres clubs où il y a peut-être moins d’enjeux sportifs, mais tout de même toujours un enjeu folklorique. J’ai pris beaucoup de cartons jaunes à l’époque, mais avec systématiquement en troisième mi-temps la fête avec l’équipe adverse. On pouvait garder paradoxalement beaucoup de camarades dans les clubs avec lesquels ça frottait beaucoup, avec les copains de Binche, de Charleroi, du Jet ou encore de Gent. Les vertus du rugby ne sont pas présentes que en D1, mais aussi dans toutes les autres divisions. Tout ce rugby moins visible participe vraiment à faire grandir globalement le rugby en Belgique. Je suis aussi un grand fan de ce rugby régional".
Après l’expérience inoubliable du BROC, c’est en tant que papa-entraîneur que Frédéric Van Malleghem a fait son retour à Soignies, en 2014. "J’ai eu la chance d’accompagner certaines équipes de jeunes avec de super coachs à côté de moi, comme Yves Calomme ou Mark Edmonds par exemple".
Avec pour constat une approche de plus en plus professionnelle et qualitative. "J’ai un fils en U18 maintenant qui a la chance de bénéficier d’une super infrastructure. J’ai une fille, sa sœur jumelle, qui joue déjà avec les Vertueuses de Soignies. C’est donc très chouette de voir le professionnalisme mis en place, aussi désormais par Belgium Rugby. On est vraiment sur une phase ascendante extraordinaire pour quelqu’un qui voit l’évolution de ce sport depuis 1983".
Intégration au niveau professionnel
Le rugby est donc toujours bien présent dans la vie de Frédéric Van Malleghem. Dans la vie privée, mais pas que. Le manager général de Cambio Bruxelles a en effet aussi intégré le rugby dans sa vie professionnelle.
"Culturellement, quand j’étais gamin, on parlait de rugby comme école de la vie. Moi, je dirais que c’est même une école de management. Je suis manager de plusieurs entreprises et je privilégie toujours l’aspect collectif. Quand on réussit, c’est ensemble. Ces histoires de grands capitaines d’entreprise qui réussissent tout seuls, c’est un mythe, une invention. Il s’agit toujours d’une réussite collective. Ce qui est beau dans le rugby c’est qu’on a tous besoin des autres. Antoine Dupont tout seul, il n’est rien, il a besoin de piliers qui se battent pour lui, il a besoin d’un 10 derrière lui, il a besoin d’ailier qui court vite. En rugby, on apprend à travailler sur ces différences et à faire de ces différences un avantage collectif. On réussit toujours ensemble, on doit travailler les uns pour les autres. Les stars travaillent pour le collectif et le collectif, s’il est bon, travaille pour les stars. Chacun a sa place, mais chacun est essentiel".
Ces valeurs du rugby, Frédéric Van Malleghem les transpose donc dans son management. "Qu’est-ce que symbolise la 3e mi-temps ? Cela signifie que l’adversaire, celui que symboliquement tu as combattu, est probablement le mec qui te ressemble le plus. Il a la même vie que toi, les mêmes entraînements que toi, les mêmes passions que toi et donc on fraternise après ce combat symbolique. Dans le boulot, c’est la même chose, il y a des valeurs, il y a des choses à atteindre. Mais c’est d’abord une histoire de collectif. La manière dont je manage Cambio, notamment, c’est toujours de penser équipe d’abord et aux valeurs de l’entreprise. C’est vraiment un management ’value-centric’ et je pense que c’est quelque chose qui me vient en grande partie du rugby".
"Dans le business, je suis aussi très dur avec mes concurrents, mais j’ai énormément d’estime pour les hommes qui sont en face de moi. Et d’ailleurs c’est comique parce que j’ai eu en face de moi Mathieu de Lophem, qui est aussi un rugbyman. On s’est croisé en travaillant pour des groupes concurrents, mais il y avait une estime énorme entre lui et moi. C’est un très chouette type, brillant... Et j’espère qu’il a pensé la même chose de moi", plaisante Frédéric.
Rendre au rugby ce qu’il t’a apporté
Entretemps, Frédéric Van Malleghem est donc devenu sponsor avec Cambio Bruxelles via des partenariats avec le Rugby Club Soignies, Sportkipik.be et Belgium Rugby. "L’idée, c’est de se dire que même pour les entreprises, le rugby est vraiment une chouette communauté avec de chouettes valeurs. A l’époque du digital, on doit tous et toutes dans les entreprises créer du contenu digital pour communiquer sur nos valeurs, nos actions, nos USP, ce qu’on appelle les avantages différentiels. Si on le fait en créant de la valeur ajoutée avec cette communauté rugby, on permet aussi le financement d’un sport que l’on aime".
"Avec Cambio, il y a un vrai intérêt à communiquer sur l’usage de nos voitures partagées pour les déplacements sportifs, sur la vie de ces sportifs qui vont un jour à Liège, un jour à Neder-Over-Hembeek, ou sur les entraîneurs d’équipes nationales qui viennent en Belgique pour quelques jours et qui prennent une voiture pour leur déplacement. Donc il y a un intérêt concret d’exemplarité. Et on reste sur un sport qui reste accessible pour un sponsor par rapport au football notamment. Donc pensez-y, créez de la valeur, créez de la communication digitale avec nos petits clubs, c’est une manière de les nourrir, mais aussi de faire de la chouette communication".
Frédéric Van Malleghem, manager général de Cambio Bruxelles, porte le rugby du terrain au management
Depuis plusieurs années, Sportkipik.be bénéficie du soutien précieux de Cambio Bruxelles et de son manager général Frédéric Van Malleghem. L’histoire d’amour de ce dernier avec le rugby ne date pas d’hier. Ancien joueur, il a également officié comme entraîneur et désormais comme parent de joueurs. Et donc aussi comme sponsor. "On parle souvent du rugby comme école de la vie. Moi, je dirais que c’est même une école de management", souligne Frédéric.