Arrivée dans le rugby à Soignies à l’âge de 16 ans, Cécile Blondiau est déjà une figure bien connue dans le monde du rugby belge. Internationale à 7 et à XV, cette diplômée en éducation physique et en management des organisations sportives a répondu, avec succès, à l’appel à candidature lancé par la LBFR.

La voilà donc Directrice Technique. Un poste qui reste relativement flou pour beaucoup. Cécile Blondiau a ainsi débuté l’entretien par nous expliquer les contours de sa fonction. "Le Directeur Technique, dans une fédération comme ici la LBFR, c’est la personne qui va être en charge de la promotion et du développement de son sport, que ce soit au niveau des clubs, de la formation des jeunes et du haut niveau s’il y en a. Il est également responsable de la formation des encadrants, coachs, staffs médical, arbitres, etc. Il a donc toute une série d’attribution. C’est un peu celui qui va superviser la façon dont le sport se déroule ici en Communauté française. C’est donc tout de même un poste assez important".

Un poste important qui n’empêchera bien évidemment pas Cécile Blondiau de rester à l’écoute. "Ma façon de travailler, cela va être beaucoup dans l’échange et dans l’échange d’expérience. Je pense que j’ai beaucoup à apprendre des personnes en charge des formations par exemple et j’ai beaucoup à leur apporter aussi, notamment un cadre dans lequel évoluer et une direction à prendre pour vraiment faire évoluer le rugby en Communauté française et au niveau belge également".

"Travailler en collaboration avec Rugby Vlaanderen et la Fédération"


(Photo Rugby Europe)

Même si elle n’est en poste que depuis le 1er août, la nouvelle DT de la Ligue a déjà fixé quelques objectifs. "A court terme, c’est d’essayer d’éclaircir un peu pour moi comment fonctionne la Ligue actuellement, ce qui marche et ce qui ne marche pas. Ce qui est bien, ce qu’il y a à améliorer, de faire le point et de cibler quelques priorités en fonction de ce que je suis déjà en train d’observer. Fixer des priorités vers lesquelles aller pour améliorer à court terme la façon de fonctionner de la Ligue d’un point de vue sportif. A long terme, c’est évidemment l’évolution du sport en Belgique, l’amélioration de tout ce qui va permettre à tout rugbyman et rugbywoman de s’épanouir au maximum".

"Ce que l’on peut entrevoir pour l’instant, c’est la fin de l’ère où les ligues flamande et francophone étaient un peu en concurrence. On veut vraiment essayer de travailler en collaboration, avec Rugby Vlaanderen et également avec la FBRB, car finalement on a le même objectif, c’est de développer et améliorer la qualité du rugby belge. C’est important de travailler ensemble. Cela va être facilité puisque l’on va être tous rassemblé au Stade Nelson Mandela", souligne Cécile Blondiau, en référence aux déménagements des bureaux de la LBFR, de RV et de la FBRB à Neder-Over-Hembeek.

Cécile Blondiau poursuit donc également sa carrière de joueuse, en équipes nationales mais aussi en club. "Là j’ai deux priorités : mon nouveau job et le Seven. Je pense que c’est deux choses sont facilement conciliables. Comme je le faisais auparavant avec un travail qui me prenait aussi énormément de temps. Toutes les joueuses ont un travail à côté, on arrive à le concilier. J’ai par ailleurs pris la décision d’essayer de recommencer une année à Lille sachant évidemment que c’est compliqué de tout allier. Je vais rater des entraînements parce que j’aurai des réunions, parce que je devrai aller sur le terrain pour observer, pour discuter, etc. Et pour moi, malheureusement pour ma carrière de sportive mais fort heureusement pour ma carrière professionnelle, Lille passera au second plan à ce niveau-là. C’est un challenge que je me lance. Je me suis laissé quelques mois pour faire le point. Si j’y arrive, tant mieux. Si je n’y arrive pas, le choix sera d’arrêter à Lille".

"Je veux redorer le blason de la Ligue"

Après moins d’un mois en fonction, quel premier bilan Cécile tire-t-elle ? "Mon premier ressenti, c’est que je suis hyper emballée. Honnêtement, cela me fait un bien fou d’être à la Ligue, de pouvoir travailler pour mon sport, dans une branche que j’aime. Une deuxième chose qui me motive vraiment beaucoup c’est cette idée de pouvoir faire collaborer les trois entités du rugby belge ensemble et de finalement pouvoir enfin rassembler nos forces plutôt que de parfois diviser ou être en désaccord. Autre ressenti, il y a évidemment du boulot. Il y a énormément de choses bien qui ont été faites, qui n’ont parfois pas été valorisées à leur juste valeur. Il y a beaucoup de choses qu’il faut aller rechercher et remettre en avant. Et à la fois il y a beaucoup de choses sur lesquelles travailler et améliorer. C’est impossible de faire des promesses car on ne sait jamais sur quoi on va tomber et quels seront les événements imprévus qui arriveront mais en tout cas, mon objectif c’est de rendre un peu au rugby ce qu’il m’a apporté. J’ai envie d’aider ce sport qui m’apportera encore beaucoup".

Et cela ne passe donc pas que par le développement du haut niveau. "C’est très bien de faire progresser le haut niveau mais il ne faut pas oublier le reste. Il ne faut pas négliger la base, les clubs, les catégories de jeunes, le rugby à XV car finalement on est dans un championnat de rugby à XV et les filles qui font du haut niveau viennent de ce championnat. Je fais partie de ceux qui disent que le rugby à XV et le rugby à 7 sont complémentaires".

Pour conclure, quel message souhaite faire passer la nouvelle Directrice Technique ? "J’ai vraiment envie de remettre la Ligue à l’écoute des clubs et finalement de ce qui fait la Ligue, les joueurs et ceux qui travaillent bénévolement pour le sport tout au long de l’année. Je veux redorer le blason de la Ligue, en collaboration avec toutes les personnes qui y travaillent. Il y aura toujours des gens qui ne seront pas contents, qui auraient fait différemment, mais je les invite tout simplement à me faire part de leurs idées pour faire mieux ou faire plus vite, je suis preneuse. Je suis quelqu’un qui est à l’écoute, qui apprécie les feedbacks tant qu’ils sont constructifs".

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